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Bonus-malus : comment votre coefficient évolue

Le coefficient de réduction-majoration fait varier votre prime de − 50 % à + 250 %. Comment il se calcule, ce qui le fait monter, et comment un malus disparaît.

L’essentiel
  • Le coefficient part de 1,00, baisse de 5 % par année sans sinistre responsable et monte de 25 % par sinistre responsable.
  • Il ne descend pas sous 0,50, atteint après 13 ans sans sinistre responsable, et ne dépasse pas 3,50.
  • Deux années consécutives sans sinistre responsable ramènent tout malus à 1,00 au plus.

Le principe

Le bonus-malus, officiellement coefficient de réduction-majoration, est fixé par une clause type annexée à l’article A121-1 du Code des assurances : tous les assureurs l’appliquent de la même façon. Il multiplie la prime de référence, c’est-à-dire le tarif de l’assureur pour votre véhicule et votre profil. À 0,80, vous payez 80 % de cette prime ; à 1,25, vous en payez 125 %.

Le coefficient récompense ou pénalise les sinistres dont vous êtes responsable. Il ne dit rien du tarif lui-même : deux assureurs appliquent le même coefficient à des primes de référence différentes.

Le calcul, année par année

Nouveau coefficient = coefficient précédent × 0,95 par année sans sinistre responsable, ou × 1,25 par sinistre responsable

Le résultat est arrêté à la deuxième décimale et arrondi par défaut. Les sinistres pris en compte sont ceux de la période de référence : les 12 mois consécutifs qui se terminent 2 mois avant l’échéance annuelle. Un sinistre survenu dans les deux derniers mois compte donc pour l’échéance suivante.

Le bonus, de 1,00 à 0,50

Années consécutives sans sinistre responsableCoefficientRéduction
01,00–
10,955 %
20,9010 %
30,8515 %
40,8020 %
50,7624 %
60,7228 %
70,6832 %
80,6436 %
90,6040 %
100,5743 %
110,5446 %
120,5149 %
130,5050 %

Le malus, de 1,00 à 3,50

Chaque sinistre responsable multiplie le coefficient par 1,25, et chaque majoration s’applique au coefficient déjà majoré. Depuis 1,00, des sinistres responsables successifs donnent 1,25, puis 1,56, 1,95, 2,43 et 3,03, avant le plafond de 3,50. Un sinistre dont la responsabilité est partagée majore le coefficient de 12,5 % au lieu de 25 %.

Pour un véhicule utilisé pour des tournées ou tous déplacements professionnels, la réduction est de 7 % par an et la majoration de 20 % par sinistre responsable.

Votre coefficient sur 5 ans : le calculateur de bonus-malus applique ces règles à votre situation, sinistre par sinistre.

Les sinistres qui comptent, et les autres

Seul un sinistre dont vous êtes responsable, totalement ou en partie, entraîne une majoration. La part de responsabilité est fixée entre assureurs, d’après le constat et le dossier, et non par l’appréciation des conducteurs.

N’entraînent pas de malus :

  • un accident dont vous n’êtes pas responsable ;
  • un vol, un incendie ou un bris de glace ;
  • un dommage subi en stationnement par le fait d’un tiers non identifié, si votre responsabilité n’est engagée à aucun titre ;
  • un accident dû à un événement de force majeure ;
  • un accident causé par une personne qui conduisait le véhicule à votre insu, sauf si elle vit habituellement chez vous.

Un accident dont vous n’êtes pas responsable, un vol, un incendie, un bris de glace ou un dommage en stationnement causé par un tiers non identifié n’empêchent pas non plus la baisse annuelle de 5 %. À l’inverse, un accident causé par un conducteur à qui vous avez prêté la voiture compte comme le vôtre : le coefficient est celui du contrat.

Descente rapide et bonus 50 protégé

La descente rapide

Après deux années consécutives sans sinistre responsable, le coefficient ne peut pas dépasser 1,00, quel que soit le malus antérieur. Par exemple, un conducteur à 1,56 passe à 1,48 après une première année sans sinistre responsable, puis directement à 1,00 après la deuxième.

Le bonus 50 protégé

Un conducteur dont le coefficient vaut 0,50 depuis au moins trois ans ne subit pas de majoration pour son premier sinistre responsable. Sans cette protection, ce sinistre l’aurait porté à 0,62. Un sinistre suivant, avant trois nouvelles années à 0,50, est majoré normalement.

Le relevé d’information

Le relevé d’information résume l’historique du contrat : identité du souscripteur et des conducteurs désignés, dates de permis, sinistres des cinq dernières années avec la part de responsabilité retenue, et coefficient appliqué à la dernière échéance. L’assureur le délivre à la résiliation du contrat et dans les 15 jours qui suivent une demande de votre part.

Tout nouvel assureur le demande avant d’établir un contrat : c’est par lui que votre bonus, ou votre malus, vous suit.

Nouvelle voiture, nouvel assureur, interruption

  • Changement de véhicule ou véhicule supplémentaire : le coefficient est transféré automatiquement, à condition que les conducteurs habituels restent les mêmes.
  • Changement d’assureur : le nouvel assureur reprend le coefficient inscrit sur le relevé d’information.
  • Interruption d’assurance : le coefficient reste acquis, mais après une très longue interruption l’assureur peut vous traiter comme un nouveau conducteur. Sans assurance au cours des 3 dernières années, vous redevenez conducteur novice et une surprime peut s’appliquer.

Questions fréquentes

Un sinistre non responsable fait-il perdre du bonus ?

Non. Il n’entraîne aucune majoration et n’empêche pas la baisse annuelle de 5 %.

Le malus est-il le même chez tous les assureurs ?

Oui, le coefficient obéit à la même règle partout. Ce qui change d’un assureur à l’autre, c’est la prime de référence à laquelle il s’applique, et l’accueil réservé aux profils malussés.

Peut-on effacer un malus en changeant d’assureur ?

Non. Le nouvel assureur demande le relevé d’information, qui mentionne le coefficient et les sinistres. Taire un malus serait une fausse déclaration, qui peut entraîner la nullité du contrat.

Un conducteur secondaire se constitue-t-il un bonus ?

Le coefficient est celui du contrat, pas de chaque conducteur. Un conducteur secondaire qui souscrit ensuite son propre contrat part en principe de 1,00 ; son relevé d’information mentionne toutefois sa désignation, dont certains assureurs tiennent compte.

Ma prime peut-elle augmenter alors que mon coefficient baisse ?

Oui. Le coefficient s’applique à la prime de référence, que l’assureur peut faire évoluer. Si la prime augmente à l’échéance, comparez avec d’autres devis : après un an de contrat, vous pouvez changer à tout moment.

Votre coefficient vous suit : faites-le valoir

Un bon coefficient compte dans chaque devis. Un malus aussi, mais les tarifs varient fortement d’un assureur à l’autre.

Sources

Mis à jour le 9 octobre 2026.